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Les sciences de la nature sont considérées par beaucoup de chercheurs comme LA Science (Allard-Poesi et Perret, 2014). Cette conception de la science provenant d’Auguste Comte dite positiviste ou post-positiviste est caractérisée par la quantification, l’expérimentation et le raisonnement hypothético-déductif. Elle se base sur un objectif de découverte d’une réalité déterminée indépendante du chercheur (Avenier et Gavard-Perret, 2012). La validité de ce paradigme tient à trois critères (Évrard et al., 2009). Premièrement, la vérifiabilité correspond à la nécessité de pouvoir vérifier empiriquement toute théorie. Deuxièmement, la confirmabilité consiste à réfuter la nature universellement vraie de toute proposition mais à considérer les expériences confirmatoires menées. Troisièmement, la réfutabilité renvoie à la  théorie de la falsification de Popper ou le caractère transitoire de théories. Ce positionnement épistémologique, dominant dans les différentes sciences, considère l’objet de recherche extérieur au chercheur et mesurable ainsi par des méthodes objectives (Usunier et al., 2007).

Popper, Kuhn ou Lakatos remettent en cause cette approche en estimant que la réalité est construite socialement, c’est-à-dire qu’elle est le fruit d’un processus social d’interactions multiples (Hatch et Cunliffe, 2009). « Le chercheur ne pourra normalement définir les termes de l’objet de  recherche de façon précise qu’une fois le processus de recherche achevé et la recherche finalisée » (Évrard et al., 2009, p. 57). Le chercheur sera alors dans un processus phénoménologique. L’idée de départ consiste à réfuter le fait que la réalité soit déterminée objectivement et qu’elle est plutôt construite socialement (Usunier et al., 2007). Ainsi, il n’est plus possible de séparer la réalité ou ontologie, de la connaissance de cette réalité ou épistémologie.

Pour Bhaskar (1975 ; 2008), la société même si elle préexiste aux individus, peut dépendre de l’activité sociale humaine (utilisation de langues, de concepts, etc.). Toutefois, cette activité en surface dépend de mécanismes générateurs indépendants à l’existence même de l’humanité et qui permettent d’expliquer cette vie sociale. Ces mécanismes ne se manifestent pas obligatoirement de manière observable (transfactualité) et n’ont pas la nécessité d’avoir été identifiés pour exister (intransivité). Au niveau ontologique, Bhaskar (1998) a une vision a priori du réel qui est stratifiée en trois formes de réel. Le premier ou réel profond intègre les mécanismes générateurs, les structure, les propriétés et les pouvoirs causaux qui engendrent les événements perçus. Le second ou réel actualisé correspond aux actions ou aux événements. Il s’agit du lien entre le non-observable et l’observable. Le troisième ou réel empirique comprend les perceptions humaines des données ou des faits observables.

C’est cette troisième forme du réel qui est connaissable. Bhaskar (1998) propose ainsi de procéder à l’identification des mécanismes générateurs qui sont « postulés exister de manière sous-jacente au réel actualisé étudié, ainsi que la compréhension du mode d’activation des mécanismes générateurs en fonction de différentes circonstances intrinsèques et extrinsèques possibles » selon Gavard-Perret et al. (2009, p. 33).

L’approche proposée par le réalisme critique a été mobilisée par certains chercheurs afin d’étudier les structures et mécanismes qui impliquent les formes et pratiques organisationnelles (Hatch et Cunliffe, 2009). En raison de l’absence de connaissances approfondies sur les réseaux de commerce associé, cette approche sera privilégiée au sein de ce site Internet.

Références :

Allard-Poesi F. et Perret V. (2014), Fondements épistémologiques de la recherche in Thiétart R.-A. et al., Méthodes de recherche en management, 4e édition, Paris, Dunod.

Avenier M.-J. et Gavard-Perret M.-L. (2012), Inscrire son projet de recherche dans un cadre épistémologique, In Gavard-Perret M.-L., Gotteland D., Haon C. et Jolibert A., Méthodologie de la recherche en sciences de gestion, Réussir son mémoire ou sa thèse, 2e édition, Paris, Pearson Education.

Bhaskar R. (1975 ; 2008), A Realist Theory of Science, London, Routledge.

Bhaskar R. (1998), Philosophy and Scientific Realism, In Archer M., Bhaskar R., Collier A., Lawson T. et Norrie A., Critical Realism: Essential Readings, London, Routledge.

Evrard Y., Pras B. et Roux E. (2009), Market, Fondements et méthodes des recherches en marketing, 4ème édition, Paris, Dunod.

Hatch M. J. et Cunliffe A. L. (2009), Théorie des organisations : De l’intérêt de perspectives multiples, traduit par Léonard E., Letor C., Taskin L., Bruxelles, Éditions De Boeck Université.

Usunier J.-C., Easterby-Smith M. et Thorpe R. (2007), Introduction à la recherche en gestion, 2édition, Paris, Economica.

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